Le renouvellement des arts africains et l’administration coloniale : le cas de Georges Hardy

YANAGISAWA Fumiaki


En accordant une place nouvelle aux ouvrages de Georges Hardy, administrateur colonial de la première moitié du XXe siècle, cet article reconstitue la relation entre le colonialisme français et l’art en Afrique noire. Sur la base de l’intérêt tant pour le contexte qui lui était contemporain que pour la perspective, Hardy affirme qu’il reste des possibilités de renouvellement des « arts indigènes » malgré leur disparition brutale après l’installation de la domination européenne. Dans son livre L’Art nègre en 1927, il identifie les influences européennes à la fois négatives et positives, et il conclut que c’est dans l’avenir qu’on pourra apprécier les effets de cette influence européenne sur les arts africains et sa contribution à leur développement, comme le Bénin ou le Dahomey, où étaient produites les sculptures de qualité et libérées de la tradition religieuse. La colonisation française chez Hardy se voit attribuer un rôle important d’aider les activités créatrices à se développer, ce qui permettrait aux colonies de collaborer et de s’associer à la métropole au travers l’éveil des arts indigènes. G. Hardy justifie ainsi l’attitude paternaliste du colonialisme qui par l’acculturation a permis aux arts africains de s’ouvrir à d'autres domaines artistiques comme la peinture.

Mots-clefs : Georges Hardy, African Art, French colonial empire, « art nègre »